Page:Giraudoux - Électre.djvu/158

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dans les forêts que les jours de procession. Pas de repos, même pour mon corps. Il était couvert toute la journée par des robes d’or, et la nuit par un roi. Partout une méfiance qui gagnait jusqu’aux objets, jusqu’aux animaux, jusqu’aux plantes. Souvent en voyant les tilleuls du palais, maussades, silencieux, avec leur odeur de nourrice, je me disais : ils me font la tête d’Électre le jour de sa naissance. Jamais une reine n’a eu à ce point le lot des reines, l’absence du mari, la méfiance des fils, la haine des filles… Que me restait-il ?

ÉLECTRE. – Ce qui restait aux autres, l’attente.

CLYTEMNESTRE. – L’attente de quoi ? L’attente est horrible.

ÉLECTRE. – Celle qui t’étreint en ce moment, peut-être.

CLYTEMNESTRE. – Tu peux me dire qui tu attends, toi ?

ÉLECTRE. – Je n’attends plus rien,