Page:Giraudoux - Électre.djvu/164

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AGATHE. – Je te dis que c’est fini. Fini le mensonge. Électre a raison. Je passe dans son camp. Merci, Électre ! Tu me donnes la vie !

LE PRÉSIDENT. – Que chante-t-elle ?

AGATHE. – La chanson des épouses. Tu vas la connaître.

LE PRÉSIDENT. – Elle va chanter, maintenant !

AGATHE. – Oui, nous sommes toutes là, avec nos maris insuffisants ou nos veuvages. Et toutes nous nous consumons à leur rendre la vie et la mort agréables. Et s’ils mangent de la laitue cuite il leur faut le sel et un sourire. Et s’ils fument, il nous faut allumer leur ignoble cigare avec la flamme de notre cœur !

LE PRÉSIDENT. – Pour qui parles-tu ? Tu m’as vu jamais manger de la laitue cuite ?

AGATHE. – Ton oseille, si tu veux.

LE PRÉSIDENT. –