Page:Giraudoux - Électre.djvu/63

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lui frotter le visage avec du vitriol.

LE PRÉSIDENT. – Seigneur…

ÉGISTHE. – La cause est entendue.

LE PRÉSIDENT. – Mais je me place au point de vue du destin même, Égisthe !… Ce n’est quand même pas une maladie !… Croyez-vous donc qu’il soit transmissible !

LE MENDIANT. – Oui. Comme la faim l’est chez les pauvres.

LE PRÉSIDENT. – J’ai peine à croire qu’il se contente, au lieu d’une famille royale, de notre petit clan obscur, et que, de destin des Atrides, il accepte de devenir destin des Théocathoclès.

LE MENDIANT. – Sois sans inquiétude. Le cancer royal accepte les bourgeois.

ÉGISTHE. – Président, si tu veux que l’entrée d’Électre dans ta famille ne marque point la disgrâce de ses membres magistrats, veille à ne plus ajouter un mot. Dans une zone de troisième ordre, le destin le plus acharné ne fera que des ravages