Page:Giraudoux - Électre.djvu/78

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ÉLECTRE. – Merci, jardinier.

CLYTEMNESTRE. – Et ainsi vivra Électre, fille de Clytemnestre et du roi des rois, à voir dans les plates-bandes son époux circuler deux seaux aux mains, centre d’un cercle de barrique !

ÉGISTHE. – Et elle y pleurera les morts tout à son aise. Prépare dès demain tes semis d’immortelles.

LE JARDINIER. – Et elle y évitera l’angoisse, le tourment, et peut-être le drame. Je ne connais guère les êtres, reine, mais je connais les saisons. Il est temps, juste temps dans notre ville de transplanter le malheur. Ce n’est pas sur notre pauvre famille que l’on greffera les Atrides, mais sur les saisons, sur les prairies, sur les vents. J’ai idée qu’ils n’y perdront rien.

LE MENDIANT. – Laissez-vous convaincre, reine. Vous ne voyez donc pas qu’il y a dans Égisthe je ne sais quelle haine qui le pousse à tuer Électre, à la donner à la