Page:Giraudoux - Électre.djvu/89

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temps de parler ni de ma mère, ni de la sienne. Disparais, nous commencerons.

ORESTE. – Électre !

ÉLECTRE. – Voilà tout ce qu’il peut dire. Quand j’enlève ma main de sa bouche, il dit mon nom sans arrêt. On ne peut de lui obtenir autre chose. Ô mon mari, puisque ta bouche est libre, embrasse-moi !

CLYTEMNESTRE. – Quelle honte ! Ainsi c’était cette folie le secret d’Électre !

ÉLECTRE. – Devant ma mère, embrasse-moi.

CLYTEMNESTRE. – Adieu. Mais je ne te croyais pas fille à te donner au premier passant venu.

ÉLECTRE. – Moi non plus. Mais j’ignorais ce que c’est, le premier baiser venu.

Exit Clytemnestre.



Scène VIII


Électre, Oreste, le mendiant.


ORESTE. – Pourquoi hais-tu à ce point notre mère, Électre ?