Page:Giraudoux - Amphitryon 38.djvu/110

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MERCURE. — Certes non. Cette ruse peu divine pourrait être mal interprétée. Comme votre désir de passer une seconde nuit dans les bras d’Alcmène éclatait à travers toutes les murailles, j’ai annoncé qu’elle recevrait ce soir la visite de Jupiter.

JUPITER. — Et à qui l’as-tu annoncé ?

MERCURE. — Aux airs, d’abord, aux eaux, comme je le dois. Écoutez : les ondes sèches ou humides ne parlent que de cela dans leur langage.

JUPITER. — C’est tout ?

MERCURE. — Et à une vieille femme qui passait au pied du palais.

JUPITER. — La concierge sourde ? Nous sommes perdus !

MERCURE. — Pourquoi ces mots humains, Jupiter ? Vous parlez comme un amant. Alcmène a-t-elle exigé le silence jusqu’à la minute où vous la raviriez à cette terre ?