Page:Giraudoux - Amphitryon 38.djvu/216

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je suis ravie ! Je n’hésite plus ! Je vous offre mon amitié. Vous l’aurez vierge…

JUPITER. — Qu’entends-tu par là ? C’est un mot courant sur la terre ?

ALCMÈNE. — Le mot est courant.

JUPITER. — Amitié… Il est vrai que, de si haut, certaines pratiques des hommes nous échappent encore… Je t’écoute… Lorsque des êtres se cachent comme nous, à l’écart, mais pour tirer des pièces d’or de vêtements en loques, les compter, les embrasser, est-ce là l’amitié ?

ALCMÈNE. — Non, c’est l’avarice.

JUPITER. — Ceux, quand la lune est pleine, qui se mettent nus, le regard fixé sur elle, passant les mains sur leur corps et se savonnant de son éclat, ce sont là les amis ?

ALCMÈNE. — Non, ce sont les lunatiques !

JUPITER. — Parle clairement ! Et