Page:Giraudoux - Amphitryon 38.djvu/52

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nacrées sans poudre, avec leurs jeunes gorges et leurs regards de ciel, et qu’elles vous enlacent soudain de chevilles, de bras plus blancs que la neige et plus puissants que des leviers, il doit être bien difficile de leur résister, n’est-ce pas ?

AMPHITRYON. — Pour tout autre que moi, évidemment !

ALCMÈNE. — Mais, comme tous les dieux, elles se vexent d’un rien, et veulent être aimées. Tu ne les aimais pas.

AMPHITRYON. — Je n’aimais pas non plus les étrangères.

ALCMÈNE. — Elles t’aimaient ! Elles aiment tout homme marié, tout homme qui appartient à une autre, fût-ce à la science ou à la gloire. Quand elles arrivent dans nos villes, avec leurs superbes bagages, les belles à peu près nues sous leur soie ou leur fourrure, les laides portant arrogamment leur laideur