Page:Giraudoux - Simon le pathétique.djvu/169

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TRIQHPHI DU PATHÉTIQUE IGI

préfère encore au vrai Nil mon Nil sans sources, sans rives et sans embouchures, à la mer Jaune, à la mer Noire, mon océan vraiment jaune, vraiment noir, mais quel mannequin que mon Ève, que je décidai pourtant de créer avant l’homme, dès que je pense à Annei Le printemps vint l’improviste. Tous les astres de l’hiver scintillèrent quelques semaines au-dessus de feuillages déjà épanouis. Pas de L hannetons. Une lune rousse bourdonnante, dépaysée, à laquelle les plus tendres pousses résistaient avec Pentêtement de lauriers centenaires. Plus d’ornières, de crevasses, de guèrets défoncés. Partout un gazon, un blé, un orge dru et ras ; un enfant au galop pouvait traverser la France sans tomber. Des pluies soudaines rapportaient aux rivières les eaux douces dérobées à l’autre année. Les canaux étaient combles et débordaient chaque matin. Les sourciers, à toute minute égarés, retenant des deux mains leur baguette, arrivaient à des étangs inconnus, à des lacs. Le réservoir des jets d’eau, des fontaines, avait été remonté sur la plus haute montagne, était une neige au soleil. Déjà résonnaient îe les détonations loin-