Page:Giraudoux - Simon le pathétique.djvu/204

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


-··— *·’—’ É"

xgo mms x.: rxmwgun

juif, courait, triste misère, après un omnibus... Je me levai, je repris mon vagabondage. J’eus la chance de rencontrer un camarade égoïste, qui ne vit rien, qui me félicita de ma bonne ’ mine, de ma bonne voix.

Le soir on ne s’y trompa plus. Je m’appli· iq quai à saluer mon huissier, ma sténographe, j avec mes paroles de tous les jours, mais ils me regardaient avec compassion. Ils eussent préféré éq pour eux et pour moi une peine plus franche ; J ils cherchaient un crêpe à mon bras. Je dictai J mes lettres de plus en plus lentement : une sténographe ne se trompe point à cet indice. I Je pris un livre ; mais, de tous ceux qui ont · écrit, pas un seul encore n’a pensé qu’il pour- n t rait être lu par un homme malheureux ; des mots cruels pour moi, des mots sans tact q frappaient mes yeux à chaque ligne, le mot ¤ gazon », le mot « campagne », toujours ce mot « soleil ». Je jetai le livre. J’ouvris un atlas muet ; je pus du moins contempler à l’aise des cartes sans malice, la Méditerranée, la France.... ’ Nous venions d’annexer le Maroc, tout blanc, près de l’Algérie, toute pourpre. Je pris un crayon rouge, je le fondis dans sa voisine. Il était consolant de vo ir cet immense empire. Une —...alî—â