Page:Glatigny - Le Fer rouge, 1870.djvu/24

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Et les jours où Ricord lui disait : « Le mercure,
Sire, accélérera promptement votre cure, »
Il disait assez bien, de l’ordre : « J’en réponds ! »
Et Rouher, Ollivier, tout le clan de fripons,
Se sentaient plus d’aplomb devant son assurance.
Ils le flairaient. L’odeur n’en semblait pas trop rance.
On pouvait supposer encor dans ce vieux cœur
Un restant d’énergie, un soupçon de vigueur.
On a vu des brigands courageux, et Cartouche
Se défendait avec une âpreté farouche ;
Mandrin faisait payer cher sa peau ; les bandits
De Corse sont des gueux atroces mais hardis,
Qui crèvent dans les trous des rochers mais les armes
À la main, et faisant reculer les gendarmes.
Eh bien ! On se trompait : il est lâche. Il se rend
Sans avoir combattu, furtif, honteux, foirant
Dans son habit doré d’écuyer quadrumane.
C’est un lâche. Voilà ce qu’il est. Il émane
Des miasmes de lui trahissant le poltron.
C’est un lâche. Son air, sa face de citron
Le disaient. Il n’avait que cela de sincère,
Mais il est lâche plus qu’il n’était nécessaire.
Ceux que son nom dupait encor sont confondus.
Les aigles du premier Bonaparte, éperdus,
Désertent la colonne et cherchent une mare.
Napoléon, ce bruit d’airain, ce tintamarre,
Ce fracas, aujourd’hui, répond à lâcheté !
Les châtiments, ce livre où le vers irrité
Devient un justicier, et prend cet affreux drôle,