Page:Glatigny - Le Fer rouge, 1870.djvu/25

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Et le cingle au visage, et le marque à l’épaule,
Les châtiments se sont trompés. Non, ce n’est pas
La nuit où, retiré brusquement du trépas,
L’empereur contempla l’ignoble mascarade
Dans laquelle il faisait lui-même la parade,
Que l’expiation commença. Ce n’était
Pas suffisant encor, pas complet. Il restait
Une coupe à vider, plus lourde et plus amère,
Pour expier le crime immense de brumaire.
Il fallait que ton nom, ô vainqueur d’Iéna !
Ton nom sanglant mais fier, ton nom qui rayonna
Avec l’éclat d’un astre effrayant sur le monde,
Roulât jusqu’au dernier échelon de l’immonde ;
Il fallait que ce nom aux échos triomphants,
Fît rire de pitié les tout petits enfants.
C’est fait ! Napoléon, cela veut dire lâche !
Ces combats, ces travaux accomplis sans relâche,
Cette gloire aboutit aux hontes de Sedan !
Lâche ! Ce mot t’étreint, implacable carcan ;
Le gueux qui sur ton nom indigné caracole,
Est un lâche, entends-tu, fauve soldat d’Arcole ?
Il se rend, il se vend, il vend la France, il vend
Ta défroque d’honneur et la disperse au vent.
C’est un lâche. Il pouvait mourir, mais c’est un lâche !
Pourvu qu’il vive et soit riche, rien ne le fâche.
Et pendant qu’arrachant la croix de ton plastron,
Tu pleures d’avoir pu connaître ce poltron,
Lui, gai, frottant ses yeux fatigués de ribotes,
Sourit à son vainqueur, et lui cire ses bottes !


14 septembre