Page:Glatigny - Le Fer rouge, 1870.djvu/27

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C’est Strasbourg calme sous les bombes
Qui chaque jour ouvrant des tombes,
Passent foudroyantes dans l’air ;
Noble cité qui se résigne
À la mort, et veut rester digne
De ses fils, Ulrich et Kléber !

C’est Toul, c’est Phalsbourg et Mézières
Qu’entourent de rouges lisières
Faites de mitraille et d’obus ;
C’est Montmédy, c’est Metz qui raille,
Du haut de sa forte muraille,
Les prussiens déjà fourbus.

Elles veulent bien disparaître,
Mais non pas laisser un nom traître.
Elles sont hautaines. Leur front
Indomptable auquel l’atmosphère
Fait une couronne, préfère
Les cicatrices à l’affront.

Elles sont l’honneur et l’exemple
De l’univers qui les contemple.
Leur sang, qu’il est pur et vermeil !
Coule par de noires blessures,
Mais leur joue est sans flétrissures,
Mais leurs yeux sont pleins de soleil.

Elles protégent, ces pucelles,
La terre sacrée, entre celles