Page:Godwin - Caleb Williams, I (trad. Pichot).djvu/70

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à quelques légères distractions et exerçant agréablement ses facultés morales, ce qui était peut-être plus propre à rafraîchir et fortifier ses organes, que s’il eût cherché à prendre du repos. Par intervalles, il survenait une crise ; mais il ne l’avait pas plus tôt sentie, qu’il avait l’air de se mettre au-dessus du mal et de sourire de l’impuissance de ses attaques. Trois ou quatre fois il fut baigné de sueurs abondantes auxquelles succédaient une extrême sécheresse de la peau et une chaleur brûlante. Bientôt il fut couvert de petites taches livides ; puis il parut quelques symptômes de frisson, mais il les soutint avec un grand courage. Ensuite il devint calme ; et, après quelques moments, comme il était déjà nuit, il se détermina à se mettre au lit.

« Falkland, dit-il en lui serrant la main, mourir n’est pas une tâche aussi difficile que bien des gens se le figurent. Quand on contemple de près la mort, on est tout étonné qu’une subversion aussi totale puisse s’opérer si facilement. »

Il y avait déjà quelques moments qu’il était au lit, et comme tout paraissait tranquille, M. Falkland pensa qu’il dormait, mais c’était une erreur. M. Clare à l’instant ouvrit le rideau et jeta les yeux sur son ami. « Je ne puis dormir, dit-il. Non ; si je pouvais dormir, je me regarderais comme hors d’affaire ; mais il est décidé que j’aurai le dessous dans cette lutte contre la maladie.

» Falkland, c’était à vous que je pensais. Je ne connais personne à qui l’avenir semble offrir de plus belles espérances ; mais veillez sur vous. Que