Page:Godwin - Caleb Williams, I (trad. Pichot).djvu/86

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goisses d’un désespoir impuissant. Toute l’eau qu’il était possible de se procurer dans ce lieu par les moyens d’usage, n’était qu’une goutte opposée aux fureurs du plus terrible des éléments. Le vent qui s’élevait en même temps ajoutait encore de plus en plus à l’activité des flammes.

M. Falkland contempla ce spectacle pendant quelques minutes, comme méditant en lui-même sur ce qu’il y avait à faire. Mais bientôt il dit aux paysans qui étaient autour de lui de jeter bas une maison qui n’était pas encore endommagée, mais qui touchait à une autre déjà tout en feu. Les paysans semblaient étonnés. Ils ne comprenaient pas qu’on pût leur conseiller cette destruction volontaire. Et, d’ailleurs, il eût fallu pour l’entreprendre se jeter au cœur du danger. Voyant donc qu’ils restaient immobiles, M. Falkland descend de son cheval et d’un ton d’autorité leur ordonne de le suivre. En un instant, il était monté dans la maison, et reparaissait sur le faîte comme s’il eût été au milieu des flammes. Ensuite, à l’aide de deux ou trois personnes qui le suivaient de plus près, et qui s’étaient pendant ce temps pourvues des premiers outils qui se trouvèrent sous leurs mains, il détache le support d’un rang de cheminées et les précipite au milieu du feu. Il passe et repasse le long du toit, et, après avoir mis du monde à l’ouvrage de tous les côtés, il redescend pour voir ce qu’il y avait à faire ailleurs.

À ce moment on vit s’élancer hors d’une maison tout en flammes une femme âgée qui avait la conster-