Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/107

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CHAPITRE V.



Peu de temps après il se fit sentir dans le pays une maladie contagieuse, dont les effets furent extrêmement rapides, et qui attaqua un grand nombre d’habitans. Une des premières personnes qui en éprouva les atteintes fut M. Clare. On peut se figurer quel chagrin et quelles alarmes cet accident causa dans tous les environs. M. Clare y jouissait d’une considération presque au-dessus de celle d’un mortel. L’égalité de son humeur, la douceur de son commerce, l’extrême bonté de son cœur, jointes à ses talens, à l’innocente gaieté de sa conversation et aux richesses de son esprit, en avaient fait l’idole de tous ceux qui le connaissaient. Au moins n’avait-il pas un seul ennemi dans tout ce qui l’entourait. Son danger fut le sujet d’un deuil universel ; il semblait promettre