Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/106

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déchiré pièce à pièce et lui manger le cœur. Je n’aurai pas un moment de repos qu’il ne soit à tous les diables. Je ne sais ce qu’il peut avoir de bon ; mais pour moi, c’est un instrument de torture continuelle. Son idée seule pèse sur mon cœur comme un poids mort, et pardieu, il faut que je m’en débarrasse. Croit-il qu’il me fera souffrir impunément tout ce que j’endure ? »

Malgré toute l’exaspération de M. Tyrrel, il est probable cependant qu’il rendit quelque justice à son rival. De ce moment il le vit avec encore plus d’aversion, mais ne le regarda plus comme un ennemi méprisable. Il évita davantage sa rencontre ; il ne se mit plus à tout propos en attitude hostile contre lui. Il semblait guetter sa victime dans le silence, et recueillir tous ses poisons pour lui porter le coup mortel.