Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/120

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resté immobile, les yeux fixés sur M. Clare ; il guettait le moindre soupir, le plus léger mouvement du malade. Il resta encore dans la même attitude ; il croyait quelquefois voir la vie se renouveller sur ces traits insensibles. À la fin, ne lui étant plus possible de se tromper lui-même, il s’écria du ton le plus douloureux : « C’en est donc fait !….. » Il voulait se précipiter sur le corps de son ami ; les assistans le retinrent et voulurent l’entraîner dans une autre chambre ; mais il se débattait entre leurs bras, et se penchait de toutes ses forces vers ce lit de douleur : « Voilà donc ce qui reste de tant de génie, de tant de vertus, de l’assemblage des plus belles qualités ! La lumière du monde est disparue pour jamais ! oh ! hier, hier ! .... Clare, pourquoi ne suis-je pas mort à votre place ! moment terrible ! perte irréparable ! enlevé ainsi dans toute la maturité de son génie, dans la vigueur