Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/119

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doucement les rideaux, et contempla le sage à son lit de mort. Les yeux de M. Clare étaient ouverts et se tournèrent aussitôt vers son jeune ami. Son visage était défait et marqué du sceau de la mort. « J’espère que vous vous trouvez mieux, » dit Falkland à demi-voix, comme craignant de le troubler. M. Clare tira sa main hors du lit et la lui tendit ; M. Falkland s’avança et la pressa dans la sienne. « Beaucoup mieux, » dit M. Clare d’une voix sourde et à peine articulée ; « c’en est fait : ma tâche est finie.... adieu ;... souvenez-vous.... » Ce furent-là ses derniers mots. Il vécut encore quelques heures ; ses lèvres semblaient quelquefois se mouvoir : il expira sans pousser une seule plainte.

Toute cette scène avait extrêmement agité M. Falkland. L’espérance qu’il conservait d’une crise favorable, et la crainte de troubler les derniers momens de son ami, l’avaient rendu muet. Pendant la dernière demi-heure, il était