Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/124

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par la crainte de lui déplaire, n’en éprouvaient pas de sentiment pénible contre lui. Ce n’est pas que M. Tyrrel n’eût préféré de ne pas voir un homme aussi distingué prendre son rang dans un cercle où depuis long-temps il régnait en maître absolu. Mais avec une personne telle que M. Clare, il ne pouvait y avoir lieu à rivalité ; il se soumettait sans effort à l’éclat imposant d’une si haute réputation, et la jalousie tracassière et pointilleuse du faux honneur ne pouvait jamais rien avoir à démêler avec un génie si fort au-dessus des autres.

Néanmoins l’esprit d’animosité qui s’était observé entre les deux rivaux avait suspendu, jusques à un certain point les bons effets que la présence et les vertus de M. Clare avaient commencé à opérer sur M. Tyrrel. Mais dès que cette influence vint à cesser tout-à-fait, alors l’humeur violente de celui-ci ne sentant plus de frein, se manifesta par