Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/146

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avait, par les titres de sa seigneurie, l’inféodation des grandes dîmes, ce qui lui fournissait de fréquentes occasions de susciter des tracasseries. Une partie des terres de la ferme de Hawkins, quoique ensemencée en blé, était plus basse que les terres voisines, et par là exposée de temps en temps aux inondations d’une rivière qui la bornait. M. Tyrrel avait sur cette rivière une écluse qu’il fit secrettement détruire quinze jours avant la moisson, ce qui noya la récolte. Il donna en outre ordre à ses domestiques de renverser pendant la nuit les haies des terres plus élevées, et d’y pousser le bétail pour perdre le reste de la moisson. Tous ces coups, néanmoins, n’atteignaient encore qu’une partie de la propriété de ce malheureux paysan ; mais M. Tyrrel ne s’en tint pas là. Une mortalité subite se manifesta parmi les bestiaux de Hawkins, et elle était accompagnée de circonstances très-propres à faire naître des