Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/148

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Hawkins avait intenté une action contre lui. Sa joie en fut extrême, et il se félicita de voir que la ruine totale de son ancien protégé était devenue immanquable. Il consulta son procureur, et le pressa, par tous les moyens, de ne négliger dans cette affaire aucun des subterfuges de son métier. Repousser l’accusation dirigée contre lui était la chose qui l’occupait le moins ; le point capital était de traîner l’affaire de délais en délais, de tribunaux en tribunaux, à force d’incidens, de récusations, de déclinatoires, de nullités, d’exceptions, d’appels et de remises de plaidoieries. Ce serait la honte d’un pays civilisé, soutenait M. Tyrrel, qu’un gentilhomme insolemment attaqué par un homme de la lie du peuple n’eût pas les moyens de trouver toute sa défense dans sa bourse, et de s’attacher aux trousses de cet indigne adversaire jusques à le mettre nud comme la main.

Avec cela, l’affaire du procès n’occupait pas tellement M. Tyrrel, qu’il