Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/165

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tracée dans sa conscience ; c’était le spectre qui le poursuivait à toute heure, et qui était l’objet de ses terreurs continuelles, qui venait simplement de prendre en quelque sorte un corps et une voix.

Il se remit pourtant peu-à-peu. Plus sa confusion passagère avait été forte, plus son ressentiment revint avec fureur. Jamais haine aussi profonde et aussi envenimée n’entra dans un cœur humain sans amener à sa suite la violence et la mort. Cependant M. Tyrrel ne sentait pas porté à satisfaire sa vengeance par un défi personnel. Ce n’est pas qu’il ne fût rien moins que poltron ; mais son génie tremblait devant celui de Falkland. Il laissa au hasard des événemens futurs le soin de sa vengeance. Il était bien convaincu que sa haine ne céderait rien ni au temps ni aux circonstances. Il ne respirait que vengeance ; nuit et jour c’était la première de ses pensées.

M. Falkland était sorti de cette con-