Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/180

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maient à cette scène une sorte de majesté religieuse. M. Falkland avait pris avec lui M. Collins, parce que l’affaire qu’il s’agissait de régler chez M. Clare, avait quelque rapport à celles qui composaient le service habituel de ce fidèle domestique. Ils étaient à causer ensemble, car M. Falkland n’avait pas alors pris l’habitude de ces formes graves et réservées qui rappellent sans cesse son rang à ceux qui l’approchent. Charmé du spectacle qui se déployait à ses yeux, et comme pour en jouir à son aise, il cessa tout d’un coup la conversation. Ils n’avaient fait que quelques pas, lorsqu’un vent sourd et impétueux parut s’élever à quelque distance, et qu’ils entendirent comme les mugissemens de la mer. À l’instant sur un des côtés de l’horison le ciel prit une teinte rougeâtre, et la route, faisant alors angle, ce phénomène se trouva directement devant eux. À mesure qu’ils avançaient, il parut plus distinctement, et à la fin ils ne purent plus