Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/185

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Émilie; au moment où il la trouva, elle venait de se réveiller, et commençant à s’apercevoir du danger qu’elle courait, elle avait jeté sur elle à la hâte une partie de ses vêtemens; telle est chez les femmes l’effet irrésistible de l’habitude; mais, cela fait, elle s’était mise à promener tout autour d’elle des yeux égarés où se peignait le désespoir. Ce fut alors que M. Falkland paraît dans sa chambre : elle se précipite dans ses bras avec la rapidité de l’éclair; entraînée par une impulsion trop forte pour admettre aucune réflexion, elle s’attache à lui et le serre étroitement; son émotion était impossible à peindre : ce peu d’instans avait valu un siècle pour l’amour.

En un moment on vit reparaître M. Falkland dans la rue avec le précieux fardeau entre ses bras. Après l’avoir ainsi arrachée à une mort affreuse dont personne autre que lui n’eût osé la délivrer, et après l’avoir remise entre les mains de sa tendre protectrice, il retourne à