Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/27

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et cette douce incurie dont j’avais joui jusqu’alors, allaient bientôt m’abandonner pour jamais, et que le reste de mes jours était dévoué à des alternatives continuelles d’inquiétudes et de malheurs.

Mon emploi était facile et agréable. Il consistait en partie à transcrire et à mettre en ordre quelques papiers, et en partie à écrire sous la dictée de mon maître, des lettres d’affaires ou quelques morceaux de littérature. Ceux-ci étaient pour la plupart des extraits analytiques des ouvrages de différens auteurs, avec des réflexions et des idées nouvelles sur la matière qu’ils traitaient, et qui avaient pour objet, ou de réfuter leurs erreurs, ou de pousser plus loin leurs découvertes. Tous ces essais portaient l’empreinte d’un esprit profond et élégant, bien versé dans les connaissances littéraires, et doué d’une activité et d’une finesse de discernement peu ordinaire.