Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/30

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Tel était en général M. Falkland ; mais son humeur était inégale. Cette maladie sombre qui lui donnait en tout temps une habitude souffrante, avait ses accès. Quelquefois il était emporté, revêche et tyrannique ; mais c’était moins l’effet d’un penchant à la dureté, que du tourment intérieur de son ame : et dès que le moment de réflexion était venu, on voyait qu’il cherchait à ne faire tomber que sur lui seul tout le poids de son malheur. Quelquefois il n’était plus maître de lui-même et paraissait comme dans un état de frénésie. Il se frappait la tête, ses sourcils, se fronçaient, ses traits étaient convulsifs et ses dents se choquaient les unes contre les autres. Quand il sentait l’approche de ces symptômes, il se levait brusquement, et quelle que fût l’affaire qui l’occupât, il l’abandonnait précipitamment, et courait s’enfermer chez lui, où personne n’osait le troubler.

Il ne faut pas croire que tout ce que