Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/50

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


défendit de jamais se présenter devant elle, autrement que sur le pied d’une simple connaissance, et lui déclara qu’elle était fortement déterminée à ne plus s’exposer dorénavant à s’entendre traiter d’une manière aussi indigne et aussi peu excusable. « Il était fort heureux pour elle qu’il eût enfin développé son véritable caractère, et elle saurait très-bien profiter de l’expérience qu’elle en faisait pour éviter à l’avenir de retomber dans le même danger ». Tout cela se passa, de part et d’autre, dans le premier élan de passion, et Lucrèce n’eut pas le temps de réfléchir aux conséquences que pourrait avoir l’état d’exaspération où elle mettait son amant.

Le comte Malvesi la quitta, emportant dans son cœur tous les tourmens de l’enfer. Il se figura que cette scène était préméditée pour trouver un prétexte de rompre un engagement auquel il ne manquait plus que la conclusion ; ou