Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/51

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plutôt mille conjectures opposées déchiraient son cœur dans tous les sens. Tantôt il rejetait la faute sur Lucrèce et tantôt sur lui-même; il s’accusait, il accusait sa maîtresse, il accusait tout le monde. Ce fut dans cet état qu’il courut à l’hôtel du jeune anglais. Le moment des éclaircissemens était passé, et il se sentait entraîné d’une manière irrésistible à justifier la précipitation de sa conduite envers Lucrèce, en prenant pour une chose convenue et hors de doute que Falkland était amant et heureux dans son amour.

M. Falkland était chez lui. Un reproche de duplicité et un défi furent les premiers mots du comte. L’anglais avait une sincère estime pour Malvesi, qui était vraiment un homme de beaucoup de mérite, et qui avait été une des premières connaissances de Falkland en Italie, car ils s’étaient d’abord rencontrés à Milan. Mais ce qui le frappa le plus vivement, ce fut les conséquences