Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/63

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la raillerie amère, c’était de ce côté que s’était jetée toute l’activité de son esprit, dont les connaissances utiles et libérales n’avaient jamais absorbé la moindre partie. Sur ce point, comme sur tout le reste, il l’emportait sur ses émules ; et s’il avait été possible, en écoutant ses saillies, d’oublier un moment la dureté et l’insensibilité de cœur où elles prenaient leur source, on n’aurait pu se défendre d’applaudir à la vivacité d’imagination qu’elles annonçaient, et au sel caustique dont elles étaient assaisonnées.

M. Tyrrel n’était nullement d’humeur à laisser ensevelir dans l’oubli des talens aussi rares. Il y avait toutes les semaines, à la ville de marché la plus voisine, une assemblée qui était le rendez-vous de la noblesse du canton. Jusqu’alors, il y avait figuré avec tout l’avantage possible, et comme il n’y avait-là personne qui l’égalât en opulence, que même la majorité de