Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/62

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lui refuser une sagacité et une intelligence peu communes dans la science de l’équitation, et il se distingua par une habileté supérieure à la chasse, à la pêche et aux armes. Il ne borna même pas là tout son savoir, et il y joignit, non-seulement la théorie, mais la pratique de l’art de boxer, de jouer du bâton, etc. et de plusieurs autres semblables exercices, qui ajoutaient à toutes ses autres qualités une force de corps et une vigueur extraordinaires. Sa taille, quand elle eut acquis toute sa hauteur, passait cinq pieds huit pouces, et sa forme eût pu servir de modèle à un peintre pour ce héros de l’antiquité, dont le plus bel exploit consistait à tuer un bœuf d’un coup de poing et à l’engloutir dans son estomac en un seul repas. Sentant bien tous ses avantages, il était d’une arrogance insoutenable, tyrannique envers ses inférieurs et insolent avec ses égaux. Plein d’une bile âcre et mordante qui le portait à