Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/69

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s’éloigner des lieux de rendez-vous de la bonne compagnie ; mais lui et son rival étaient comme deux astres que l’ordre de la nature a destinés à ne jamais paraître à la fois sur l’horison. Il est évident que la comparaison était toute à l’avantage de M. Falkland, mais quand il en eût été autrement, les sujets de son rustique voisin n’étaient que trop disposés à secouer son joug insupportable. Ils étaient soumis à lui jusques à présent par crainte et non par amour, et s’ils ne s’étaient pas encore révoltés, ce n’était que fauté d’avoir pu trouver un chef. Les femmes même regardaient M. Falkland avec une complaisance particulière. La politesse de ses manières était parfaitement en harmonie avec la délicatesse de leur sexe. Ses saillies l’emportaient de beaucoup sur celles de M. Tyrrel en vivacité et en abondance ; ajoutez à cela qu’elles étaient toujours réglées et adoucies par la sagacité et la culture de son esprit. Les agrémens de