Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/74

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gurait que ce subit enthousiasme n’aurait point de terme, et d’un moment à l’autre il s’attendait à voir tout le voisinage tomber aux pieds du nouveau venu comme devant une idole. Il était dans les tourmens de l’enfer ; le moindre mot d’éloge échappé par hasard en faveur de son rival le mettait au supplice ; son état était une sorte de convulsion ; ses traits se renversaient, et ses regards devenaient effrayans. Un pareil état de souffrance aurait aigri le caractère le plus doux. Que ne dût-il pas opérer sur une ame de la trempe de celle de M. Tyrrel, toujours hautaine, bouillante et implacable ?

Le crédit de M. Falkland ne diminua point en perdant l’avantage de la nouveauté ; tous ceux qui avaient à se plaindre de la tyrannie de M. Tyrrel venaient aussitôt se ranger sous la bannière de son adversaire. Les femmes même, quoique traitées par ce sultan rustique avec plus de douceur que les