Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/80

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mencé à se repentir de son épreuve ; mais ses allarmes furent bientôt dissipées par la modération de son nouveau partenaire. M. Tyrrel se retira sans répondre un mot. Il murmura en s’en allant quelques juremens que les lois de l’honneur n’obligeaient pas M. Falkland d’entendre, et qu’en vérité il n’aurait pas été facile d’entendre bien exactement. M. Tyrrel n’aurait peut-être pas cédé si aisément, si son bon sens ne lui eût pas bien fait voir qu’avec toute l’envie possible de tirer vengeance de son rival, il n’était pas sur un bon terrain pour cela. Mais s’il ne put tirer ouvertement vengeance de cette atteinte portée à son autorité, il n’en garda pas moins profondément l’impression dans les replis de son ame, et il était assez évident que sa haine amassait des matériaux dont il espérait bien quelque jour faire sentir tout le poids à son adversaire.