Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/84

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sans affecter jamais péniblement la personne qui en était l’objet. Telles étaient les qualités morales qui le distinguaient dans sa société habituelle ; les qualités intellectuelles qu’il y déployait, c’était principalement un enthousiasme doux et éloquent, une fécondité d’esprit qui animait tous ses discours, et qui découlait de ses lèvres avec tant de facilité et d’abondance, que la réflexion seule et la mémoire pouvaient vous faire apercevoir l’étonnante variété d’idées qu’il avait fait passer en un moment devant vous.

Dans cet endroit retiré, M. Clare trouva sans doute peu de personnes en état de le comprendre et de partager ses goûts. Il n’est pas rare que de grands hommes aient aimé à se cacher dans la retraite, et à préférer la solitude des bois et des campagnes aux cercles brillans et spirituels dont ils avaient fait les délices. Du moment où M. Falkland arriva dans le pays, M. Clare le distin-