Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/89

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d’éprouver des sensations auxquelles ils étaient peu accoutumés. L’un parlait, l’autre suivait avec une sorte d’entraînement, et le ton bruyant et confus de leurs louanges les rendaient encore plus frappantes et plus remarquables ; mais ce qui fut surtout le plus difficile à supporter pour M. Tyrrel, ce fut la conduite de M. Clare. Il rendit le manuscrit à la dame qui le lui avait donné, et se retournant vers M. Falkland avec un ton plein d’ame et d’enthousiasme : « Bien, bien, monsieur, voilà qui est frappé au bon coin ; ce n’est pas-là un de ces essais laborieux et pédantesques qui attestent les sueurs et les veillés de l’auteur, ni de ces niaiseries pastorales qui ne présentent pas à l’esprit le moindre sens. Nous avons besoin d’hommes tels que vous ; mais souvenez-vous bien, jeune homme, que ce n’est pas pour enfanter des chimères oiseuses, c’est pour éclairer le monde, que le