Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/88

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images qu’avait enfantées l’imagination créatrice du poète, tantôt imprimant jusqu’au fond de l’âme des auditeurs un effroi religieux, tantôt les ravissant de plaisir et d’admiration.

On connaît déjà le caractère de ceux qui composaient cet auditoire. C’était pour la plupart des gens unis, peu lettrés, et dont le goût n’était pas très-rafiné ; s’ils lisaient jamais de la poésie, c’était simplement par pure imitation et sans y trouver de grands charmes ; mais la pièce de M. Falkland était pleine d’inspiration et de verve. Peut-être même l’ode toute seule aurait-elle fait peu d’effet sur la plupart d’entre eux, mais l’éloquence de M. Clare l’avait fait pénétrer jusques au cœur. Il acheva la lecture, et quand il eut cessé, les auditeurs, dont la figure et le maintien avaient suivi successivement toutes les passions exprimées dans l’ouvrage, cherchèrent tous à-la-fois à marquer leur approbation. Ils venaient