Page:Goethe-Nerval - Faust 1828.djvu/40

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joie m’est enlevée. Je ne crois pas rien savoir de bon, ni pouvoir rien enseigner aux hommes pour les améliorer et les convertir. Aussi n’ai-je ni bien, ni argent, ni honneur, ni domination dans le monde ; un chien ne vivrait pas long-tems ainsi ! Il ne me reste plus qu’à me jeter dans la magie. Oh ! si la force de l’esprit et de la parole me dévoilait les secrets qui me restent à connaître, et que je ne fusse plus obligé de dire péniblement ce que je ne sais pas ; si enfin je pouvais connaître tout ce que le monde cache en lui-même, et, sans m’attacher davantage à des mots inutiles, voir ce que la nature contient de forces et de semences éternelles ! Astre à la lumière argentée, lune silencieuse, daigne pour la dernière fois jeter un regard sur mes peines !.... j’ai si souvent la nuit veillé près de ce pupitre ! C’est alors que tu m’apparaissais sur un tas de livres et de papiers, mélancolique amie ! Ah ! que ne puis-je,