Page:Goethe-Nerval - Faust 1828.djvu/41

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à ta douce clarté, parcourir les hautes montagnes, errer dans les cavernes avec les esprits, danser à ta vue dans les prairies, oublier toutes les misères de la science, et me baigner rajeuni dans la fraîcheur de ta rosée !

Hélas ! et je languis encore dans mon cachot ! Misérable trou de souris, où la douce lumière du ciel ne peut pénétrer qu’avec peine à travers ces vitrages peints ; à travers cet amas de livres poudreux et vermoulus, et de papiers entassés jusqu’à la voûte ; je n’aperçois autour de moi que verres, boites, instrumens, meubles pourris, héritage de mes ancêtres… Et c’est là ton monde, et cela s’appelle un monde !

Et tu demandes encore pourquoi ton cœur se serre dans ta poitrine avec inquiétude, pourquoi une douleur secrète entrave en toi tous les mouvemens de la vie ! Tu le demandes !… Et au lieu de la nature vivante dans laquelle Dieu créa les hommes,