Page:Goethe-Nerval - Faust 1828.djvu/55

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m’as cruellement repoussé dans l’incertitude de l’humanité. Qui m’instruira désormais, et que dois-je éviter ? Faut-il obéir à cette impulsion ? Ah ! nos actions même aussi bien que nos souffrances arrêtent le cours de notre vie.

Une matière de plus en plus étrangère à nous s’oppose à tout ce que l’esprit conçoit de sublime ; quand nous atteignons aux biens de ce monde, nous traitons de mensonge et de chimère tout ce qui vaut mieux qu’eux. Les nobles sentimens qui nous donnent la vie languissent étouffés sous les sensations de la terre.

Quand l’imagination, en déployant la hardiesse de son vol, a voulu, pleine d’espérance, s’étendre dans l’éternité, il lui suffit ensuite d’un petit espace, dès qu’elle voit tout ce qu’elle rêvait de bonheur s’évanouir dans l’abîme du tems. Au fond de notre cœur, l’inquiétude vient s’établir, elle y produit de secrètes douleurs, elle