Page:Goethe - Le Renard, 1861, trad. Grenier.djvu/163

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DIXIÈME CHANT.


«Ô mon roi! ajouta l'astucieux orateur, permettez-moi, noble prince, de raconter à mes amis quels cadeaux précieux je vous avais destinés; quoique vous ne les ayez pas reçus, mon intention n'en était pas moins louable.

— Dis-le, répondit le roi; mais sois bref.

— Hélas! vous allez tout savoir, dit Reineke d'un air triste. Le premier de ces joyaux précieux était une bague; je la remis à Bellyn, qui devait la donner au roi. Cette bague était d'une structure fantastique; elle était en or fin et digne de briller dans le trésor de mon roi. À l'intérieur, du côté qui touchait au doigt, étaient gravées des lettres entrelacées; c'étaient trois mots hébreux d'une signification toute particulière. Personne n'aurait pu les expliquer dans nos pays. Maître Abryon de Trèves lui seul avait pu les lire. C'est un juif fort