Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/131

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


couverts par le bruit du cadenas. La porte s’ouvrit… et le bailli devint pâle comme un linge, le distillateur ressentit un froid et ses cheveux semblaient vouloir s’envoler au ciel. La terreur se peignit sur le visage du scribe. Les dizainiers restaient cloués sur place et n’étaient pas en mesure de fermer leurs bouches ouvertes par une commune épouvante : ils avaient devant eux la Parente !

Non moins stupéfaite, elle revint cependant quelque peu à elle et fit un mouvement pour s’approcher d’eux.

— Halte ! hurla d’une voix sauvage le bailli et il referma la porte sur elle ; mes amis, c’est Satan ! continua-t-il, du feu ! vite, du feu ! Peu importe que ce soit un bâtiment du trésor ! Flambez-le ! Flambez-le !

La parente, entendant la terrible sentence, criait terrifiée derrière la porte.

— Que faites-vous ! frères, dit le distillateur. Eh quoi ! vos cheveux sont déjà presque couleur de neige et vous avez encore assez peu d’esprit pour ignorer que les sorciers ne peuvent être brûlés par le simple feu ? Ce n’est que le feu de la pipe qui peut rôtir le