Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/137

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saient aller à l’assoupissement, sa tête s’inclinait.

— Non ! je serais capable de m’endormir, dit-il, en se redressant sur ses jambes et en se frottant les yeux.

Il regarda autour de lui. La nuit lui semblait encore plus féerique. Une lueur étrange et délicieuse s’ajoutait à l’éclat de la lune. Jamais il n’avait assisté à pareil spectacle. Une brume argentée descendait partout autour de lui. Le parfum des pommiers fleuris et des fleurs nocturnes inondait la terre. Stupéfait, il contemplait les eaux immobiles de l’étang. La vieille maison seigneuriale renversée dans ce miroir mouvant y apparaissait sereine et dans une éclatante majesté. Au lieu des volets sombres, étaient ouvertes comme des yeux les vitres joyeuses des fenêtres et des portes ; à travers leur limpidité s’entrevoyait la dorure.

Et voilà qu’il lui semble voir s’ouvrir une fenêtre.

En retenant son souffle, mais sans trembler et sans quitter des yeux l’étang, il se sent transporté dans sa profondeur et voit :