Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/150

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À ces mots, le bailli lança le regard en dessous que l’on sait, important et significatif.

— Allons ! maintenant le bailli va raconter comment il a escorté la Czarine, dit Levko, et, à pas rapides, tout joyeux, il se hâta vers la khata aux cerisiers nains que nous connaissons.

— Que Dieu te donne le royaume des Cieux ! bonne et belle demoiselle, pensait-il. Que tout te sourie éternellement dans l’autre monde parmi les saints anges ! Je ne rapporterai à personne l’intervention miraculeuse qui s’est produite cette nuit. À toi seule, Halia ! je le dirai. Toi seule tu y ajouteras foi et tu prieras pour le repos de l’âme de la malheureuse noyée.

Il s’approcha de la khata. La fenêtre était ouverte. Les rayons de la lune l’inondaient et éclairaient Hanna endormie. Sa tête était appuyée sur sa main ; ses joues étaient animées d’une douce rougeur ; ses lèvres s’agitaient en murmurant le nom de Levko.

— Dors, ma toute belle ! rêve à ce qu’il y a de meilleur dans le monde ; tout cela ne vaudra pas notre réveil !