Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/193

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me semble pas que la chose m’est arrivée à moi-même, et que je suis entré dans la peau de mon aïeul ou que c’est son âme qui tressaute en moi…

Non ! ce qui est pire encore, ce sont nos jeunes filles et nos jeunes gens. Que je me montre seulement devant eux :

— Foma Grigorievitch ! Foma Grigorievitch ! allons, un conte bien effrayant, vite, vite !…

Et ta ra ta ta ta ta ! et ci et ça…

Certes ! il ne m’en coûte pas beaucoup de leur raconter quelque chose, mais si vous voyiez ensuite ce qu’ils deviennent une fois dans leur lit… je sais pertinemment que chaque jeune fille tremble sous sa couverture comme si elle avait la fièvre et serait bien aise de pouvoir tirer son touloupe jusque par-dessus sa tête. Qu’un rat gratte sur une marmite ou que la jeune fille elle-même fasse tomber son tisonnier d’un mouvement de son pied ! Oh, seigneur ! elle en reste glacée de frayeur ; et le lendemain matin, c’est comme si rien ne s’était passé ; elle vous harcèle de nouveau ;