Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/208

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


qu’il put le remarquer, les arbres devenaient plus rares, mais en même temps si énormes, qu’il n’en n’avait jamais rencontré de semblables même de l’autre côté de la Pologne.

Tout à coup au milieu des arbres, apparut le ruisseau au reflet d’acier d’un noir bleuâtre. Le grand-père resta longtemps sur le bord en regardant de tous côtés. Sur la rive opposée brillait un feu qui, tantôt semblait s’éteindre et tantôt se ravivait, reflétant sa flamme dans le ruisseau qui tremblait là-dessous comme un Polonais sous la poigne d’un Cosaque.

Enfin apparut le petit point. Ah ! par exemple ! Ce n’est que la voiture du diable qui pourrait passer là-dessus ?

Cependant, mon grand-père mit le pied sur le pont avec courage, et en moins de temps qu’un priseur n’en met à retirer une prise de sa tabatière et à la porter à son nez, il était déjà de l’autre côté. Alors seulement, il put distinguer qu’autour du feu se trouvaient des hommes au museau à tel point attrayant, qu’en toute autre occasion, il aurait donné Dieu sait quoi pour fuir de pareilles connais-