Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/27

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bonnet gris d’Astrakan, les mains sur les hanches, regardait hardiment les passants.

La belle ne put faire autrement que de remarquer son visage basané mais respirant la sympathie et ses regards brûlants qui semblaient vouloir la transpercer. Elle baissa les yeux à la pensée que, peut-être, l’exclamation entondue lui appartenait.

— Une riche fille ! continua le jeune homme à la svitka blanche, sans la quitter de l’œil. Je donnerais bien tout ce que je possède pour l’embrasser, mais c’est le diable qui est aussi derrière elle.

Des rires éclatèrent de tous côtés.

Mais la compagne chamarrée de l’époux qui s’avançait à pas lents, ne goûta pas le compliment. Ses joues rouges s’empourprèrent et un crépitement d’épithètes choisies roula en averse sur la tête des joyeux gars.

— Puisses-tu étouffer, propre à rien ! Puisse un vase tomber sur la tête de ton père ! Qu’il se rompe le cou sur la glace, l’antichrist maudit ! Et que, dans l’autre monde, le diable lui roussisse la barbe !

— Voyez-vous l’insulteuse ! fit le jeune