Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/58

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yeux. Le juif se fatigua d’attendre l’échéance. Il se gratta l’oreille[1], et il en tira de quelque seigneur de passage jusqu’à cinq pièces d’or. Mais voilà qu’un soir un homme entre. « Eh bien ! juif, rends-moi ma svitka. » Le juif ne le reconnut pas d’abord, mais, après l’avoir remis, il feignit de ne l’avoir jamais vu. — « Quelle svitka ? je n’ai pas de svitka. » L’autre s’en alla. Seulement, vers le soir, quand le juif ayant fermé sa boutique et après avoir compté son argent, se mit, un drap sur la tête, à prier Dieu à la façon juive, un frôlement s’entendit ! — Le juif regarde ! à toutes les fenêtres apparaissaient des museaux de cochon…

À ces mots, précisément, on entendit un bruit indistinct qui ressemblait fort au grognement du porc. Tous pâlirent… La sueur perla sur le visage du conteur.

— Quoi ? demanda Tcherevik, effrayé.

— Rien ! répondit le compère tremblant de tout son corps.

  1. Littéralement le Peïssi, mèche de cheveux que le juif polonais porte le long de l’oreille.