Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/57

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aux parobki. Du matin au soir, il ne démarre pas du cabaret.

À ce moment, le grave Tcherevik interrompit de nouveau notre conteur.

— Que dis-tu là, compère ? Comment est-il possible qu’on ait laissé entrer le diable au cabaret ? Il a bien, grâce à Dieu, des griffes aux pattes et de petites cornes sur la tête.

— Sans doute ! mais il s’était muni de bonnet et de mitaines ; impossible, par suite, de le reconnaître. Il noçait, noçait… Enfin il avait bu tout ce qu’il possédait. Le cabaretier eut beau lui faire longtemps crédit, finalement, il dut cesser. Le diable fut alors forcé de changer sa svitka rouge pour un tiers de sa valeur au juif qui tenait le cabaret de la foire de Sorotchinetz. Il la lui engagea et lui dit : « Prends garde, juif, je viendrai chercher la svitka dans un an jour pour jour. Conserve-la. » Et il disparut comme s’il fût tombé dans l’eau. Le juif examina attentivement la svitka. Le drap en était de telle qualité que même à Miregorod on n’aurait pu en trouver de semblable. Le rouge flambait comme le feu ; impossible une fois vu d’en détacher ses