Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/60

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tout… mais le difficile était de retrouver la svitka. Volée au seigneur par un tzigane, elle avait été vendue à une marchande. Celle-ci la porta de nouveau à la foire de Sorotchinetz, mais, depuis lors, personne ne lui achetait quoi que ce soit. La marchande s’étonna, s’étonna longtemps et finit par comprendre que la faute en était à la svitka rouge. Ce n’est pas pour rien qu’en l’endossant elle se sentait toujours gênée. Sans plus de réflexion, elle la jeta au feu. — « Il ne brûle pas, ce satané vêtement !… Hé ! mais !… c’est un cadeau du diable ! » — La marchande l’introduisit sous la charrette d’un moujik venu pour vendre son beurre. L’imbécile s’en réjouit ; seulement personne plus ne lui achetait de beurre. « Hein ! ce sont des mains ennemies qui m’ont glissé cette svitka ! » Il saisit sa hache et la mit en pièces. Mais voilà que les morceaux rampent les uns vers les autres et que la svitka est de nouveau entière. Se signant alors, il asséna un second coup de hache, sema les morceaux à droite et à gauche et s’enfuit. Depuis, chaque année, juste à l’époque de la foire, le diable au museau de